Charlie lacroix tattoo artist


Charlie Lacroix
Novembre 2013 Paris 11ème
Romane Olmedo
musique : Lucrate milk- Pluie nègre

 

Nous rencontrons Charlie dans le 11ème arrondissement de Paris entre le métro Pamentier et Couronne, une vie de quartier qui mèle bars, restaurants et salles de concert. Il passe une grande majorité de son temps près du salon de tatouage le Sphinx rue Moret. Il a grandi dans la région de Toulon, près de la mer où il pratique la pêche,  joue de la batterie et dessine. Charlie s’imprègne de la culture post- punk, hardcore et avec ses amis il s’initie rapidement au graff et au tatouage. Il décide par la suite de partir à Londres,  il y découvre plus profondément les cultures underground, des scènes mytiques de Londres. Par la suite il arrive sur Paris et persévère dans le tatouage, il intègrera le salon privé rue Moret à Paris, le Sphinx. Il se crée un univers rempli de freaks très attachants. Un mélange entre le tatouage old school et le dot-work.
Toujours en quête de rencontres et d’apprentissage il est maintenant sur la route en Australie.

 

Que penses tu de Paris ? Être artiste à Paris ?

Il y a des hauts et des bas, c’est une ville qui reste assez chère quand tu veux t’investir dans des projets où tu as besoin d’espace et c’est aussi la ville en France où tu dois être si tu veux avoir un maximum de visibilité sur ce que tu crées

 

Quartier favoris à Paris ? Pourquoi ?

Le 11ème, j’y habite, j’y travaille et tous les bars que je fréquente sont dans ce quartier !

 

Es-tu autodidacte, formation ? Depuis quand ?

Complètement autodidacte j’ai commencé à dessiner dès mon plus jeune âge grâce à la passion que porte mon père envers cette technique et bien plus tard en achetant une machine à tatouer “merdique” sur internet. J’ai eu la chance d’avoir des amis qui m’ont fait confiance pour commencer directement sur de la peau humaine et non synthétique. Je n’ai suivi aucune formation de tattoo bien que depuis que je travaille en salon, mes collègues et autres tatoueurs de passage m’en apprennent tous les jours. C’est en 2009 que j’ai commandé cette première machine, mais je me considère tatoueur que depuis peu de temps.

 

Anecdote durant l’enfance, la première expérience ?

J’ai gagné un concours de dessin pour du dentifrice vers l’âge de 6 ans,j’ai reçu un chèque cadeau avec lequel je m’étais acheter une console de jeux, j’étais fier.

 

Comment définis-tu ton style, ton travail ?

J’ai vraiment du mal à définir mon style, je m’inspire beaucoup de gravures et de tattoo
traditionnels, je dirai que je fais du new trad mais quand tu tapes ça dans google tu tombes sur des pièces complètement différentes des miennes. Si je trouve un jour je te le dirai..

 

Explique moi ta démarche personnelle, artistique?

Il n’y a pas de véritable démarche artistique dans mes tattoos. C’est plus quelque chose d’artisanal je traite en fonction de la demande du client mes dessins, c’est lui qui se crée un univers et je suis juste là pour le retranscrire sur sa peau.

 

Quelle matière ou/et support aimes-tu travailler ?

En ce moment je dessine beaucoup avec des marqueurs assez épais et j’essaie d’ombrager avec différents matériaux mais je n’ai pas encore trouvé la technique parfaite j’y travaille.

 

Quelle/Quelles étape/s de ton travail te procurent le plus de plaisir ?

Au moment où le client a validé le dessin et que tu lui appliques le stencil sur la peau, c’est comme en dessin quand l’esquisse est faite ça ne ressemble pas à grand chose et au moment où tu l’as repassé à l’encre noire c’est là que tout se concrétise. C’est dingue !

 

Aimerais-tu travailler d’autres supports, lesquels ?

j’aimerai bien faire de la sérigraphie en petit tirage, mais il faut du temps et de l’espace pour le moment je préfère me consacrer à ma profession.

 

La place de ton travail dans ton quotidien ?

C’est omniprésent je ne passe pas une journée sans penser à comment je vais dessiner tel ou tel tattoo, la forme globale, les détails, pour qu’il puisse fonctionner sur la peau.

 

La place de ton art dans la société ?

C’était quelque chose de mal vu auparavant mais je suis trop jeune pour avoir connu cette époque. C’est quelques chose qui c’est quand même assez démocratisé maintenant et c’est pas plus mal.

 

Dans 10 ans qu’est ce qui se passe ? des idées ?

Aucune idée je vis au jour le jour je n’ai aucun projet pour l’instant peut-être quelques guests en Europe ou ailleurs, à voir

 

Quelle question aimerais tu que je te pose ?

rien, c’était parfait

 

Romane Olmedo