Romain arnette multidisciplinary ARTIST


Romain Arnette
Novembre 2014 Clichy-sous-Bois
Romane Olmedo
musique : Jean Ray

 

Quel lieu as-tu choisi et pourquoi ? Que représente-il pour toi ?

La forêt de Clichy Sous Bois. C’est un endroit calme où j’aime aller marcher pour me détendre hors du centre ville et de Paris. J’ai l’habitude d’y aller depuis que je suis gamin.

Est-ce que Paris est une ville dans laquelle tu t’épanouis en tant qu'artiste ?

J’ai habité dans plusieurs capitales européennes avant de revenir à Paris. Je commence à prendre mes marques. Cela prend du temps mais petit à petit, je vois mon chemin se tracer. J’ai rencontré pas mal de gens intéressants ces deux dernières années et c’est motivant pour se projeter.

Quelle est ta formation et ton parcours artistique ?

J’ai commencé par faire une prépa-Art à Paris puis j’ai continué mes études à la Central Saint Martins à Londres, d'où je suis sorti en 2011. J’y ai fait une formation d’art visuel et parallèlement j’ai commencé à produire ma musique. Par ailleurs, j’ai eu l’occasion d’exposer mon travail à Londres, à Paris et à Istanbul. Concernant la musique, je me produis principalement à Paris.

Depuis quand fais-tu du son ?

J’ai commencé à jouer de la guitare et de la batterie quand j’étais plus jeune mais je ne prenais pas ça vraiment au sérieux, c’était plus pour m’amuser. C’est quand je suis parti habiter à Londres en 2008 que j’ai commencé réellement à travailler là-dessus. J’ai beaucoup trainé dans les bars et petits clubs où passaient plein de groupes de musique expérimentale. Je suis tombé dedans très vite et j’ai commencé à créer mes premiers sons.

Comment définis-tu ton travail, ta musique ?

Dans l'ensemble mon esthétique est abstraite, que ce soit visuel ou sonore. J'apporte de temps en temps des touches figuratives mais l'abstrait me parle plus.

Peux-tu décrire ta démarche personnelle, ton processus de création ?

Je suis attiré par le brut, la rature, l'imperfection et l'imprévu. Le plus souvent mes projets naissent d'expérimentations avec un matériau. Je déconstruis, je transforme la matière et je vois ce que j'obtiens. Je me concentre ensuite sur des détails que j'exploite sous diverses formes pour constituer de nouvelles pièces. J'essaie de tirer le maximum de possibilités avec le minimum de matériaux de base. C’est pareil en musique. Je déforme, je transforme des sons que j’ai enregistrés. De là, je fais ma cuisine avec cette banque de sons que j’ai créée pour composer ma musique. Je ne contrôle pas entièrement le processus, il arrive justement qu'il y ait une perte de contrôle ou que quelque chose d'inattendu se passe. Ça complète mon travail.

Quelles sont tes influences ?

J’ai globalement été influencé par des mouvements artistiques abstraits et expérimentaux. Il y a aussi quelques artistes conceptuels qui m’ont marqué, notamment Bas Jan Ader. En ce qui concerne la musique, ces dernières années j’ai pas mal été inspiré par Peter Rehberg, Tim Hecker ou encore Keith Fullerton Whitman. Mais dans l’ensemble, pour mon travail je me nourris de tout ce qui m’entoure ou de ce que je fais. Je ne m’arrête pas qu'à ce qui est lié à l’art spécialement.

Quelle partie de ton travail te procure le plus de plaisir ?

C'est pendant les phases d'expérimentation que je ressens le plus de sensations. Je produis de manière très instinctive, c'est là que je sens s'il se passe quelque chose ou pas.

Travailles-tu d’autres média/supports ? Lesquelles ?

En plus de la sérigraphie et de la musique, je produis des vidéos que j’intègre parfois dans des installations ou bien que j’utilise comme support pour de la musique.

Quel(s) lien(s) y a-t-il entre eux ?

Le lien principal entre tous ces supports c’est l’expérimentation je pense. C’est surtout marqué entre ma musique et mes impressions en sérigraphie. Le processus est identique.

Quelle(s) place(s) tiennent-ils dans ton quotidien ?

Je partage mon temps entre les différentes disciplines et aussi avec les boulots que je fais à côté. Ce n’est pas évident de pouvoir tout faire au même rythme mais j’essaye de passer un maximum de temps sur mes créations.

Dans 10 ans, que se passe t-il ? Tu te vois où, comment ? Quels sont tes projets ?

Dans 10 ans… Mon idéal serait de me retirer des grandes villes pour trouver plus d’espace et de tranquillité, pour pouvoir travailler à mon rythme. Où? Je ne sais pas encore mais je vais y réfléchir sérieusement. J’espère continuer tout ce que j’entreprends dans la musique et dans l’art et continuer à collaborer avec des personnes intéressantes.